Droits de l'acheteur

Vos quatorze jours de rétractation : ce qu’ils couvrent

Publié le 15 August 2026 · Mis à jour le 15 August 2026

Le droit de rétractation est la protection la plus solide dont dispose un acheteur en ligne, et c’est aussi celle que les boutiques présentent le plus mal. Entre les conditions générales qui recopient un modèle trouvé ailleurs et celles qui inventent des restrictions, il vaut la peine de savoir ce que dit réellement le texte.

Quatorze jours, à partir de quand

L’article L221-18 du code de la consommation fixe un délai de quatorze jours calendaires. Calendaires signifie que les week-ends et les jours fériés comptent. Un professionnel peut offrir davantage, jamais moins.

Le point de départ change selon ce que vous avez acheté. Pour un bien, le décompte commence le lendemain de la réception. Si le colis arrive un mardi 3, le délai court du mercredi 4 au mardi 17 inclus. Pour un service, un abonnement par exemple, il commence le lendemain de la conclusion du contrat.

Cette distinction a des conséquences pratiques : ce n’est pas la date de commande qui compte, ni la date d’expédition, mais la date à laquelle le produit vous est remis. Une boutique qui fait courir le délai depuis la commande vous en retire plusieurs jours.

Le remboursement, et son propre délai

Une fois que vous avez notifié votre décision, le vendeur dispose de quatorze jours pour vous rembourser. Pour un bien, il peut différer ce remboursement jusqu’à ce qu’il ait récupéré le produit, ou jusqu’à ce que vous ayez fourni une preuve d’expédition, la première des deux dates étant retenue.

Le remboursement porte sur le prix du produit et sur les frais de livraison standard que vous avez payés à l’aller. Si vous aviez choisi une livraison express plus chère, le vendeur ne rembourse que le tarif de la livraison ordinaire. Les frais de retour, eux, restent à votre charge sauf mention contraire dans les conditions de vente.

Les exceptions qui existent vraiment

Le droit de rétractation ne couvre pas tout. Les principales exclusions concernent les biens confectionnés sur mesure ou nettement personnalisés, les produits susceptibles de se détériorer ou de se périmer rapidement, les contenus numériques téléchargés, les billets de transport et d’hébergement, et les achats aux enchères publiques.

Pour le CBD, deux de ces exceptions sont invoquées régulièrement, l’une à raison, l’autre non. Un produit alimentaire périssable peut effectivement sortir du champ. En revanche, une huile ou une fleur conditionnée avec une date de péremption lointaine ne devient pas « périssable » parce que la boutique l’écrit dans ses conditions générales. La qualification dépend de la nature du produit, pas de ce qu’en dit le vendeur.

L’autre argument fréquent est celui du produit descellé. Il vise en principe les biens qui ne peuvent être renvoyés pour des raisons d’hygiène ou de protection de la santé une fois leur emballage ouvert. Son application au CBD est discutable et se joue au cas par cas, mais une boutique ne peut pas l’invoquer pour refuser tout retour par principe.

Quand il ne s’applique pas du tout

C’est le point que les acheteurs découvrent trop tard. Le droit de rétractation de quatorze jours découle d’une directive européenne, transposée dans chaque État membre. Il vous protège donc chez un vendeur français, italien, espagnol, allemand ou autrichien.

Il ne vous protège pas en Suisse. Le droit suisse ne prévoit aucun droit de révocation général pour la vente à distance : l’article 40a du code des obligations vise le démarchage à domicile, pas l’achat en ligne. Un commerçant suisse peut accorder volontairement un délai de retour, et beaucoup le font, mais rien ne l’y oblige et rien ne vous permet de l’exiger. Notre page consacrée aux boutiques suisses détaille ce point ainsi que les conséquences douanières.

Comment notifier, et comment le prouver

Aucune forme particulière n’est imposée : un courriel suffit, un formulaire de rétractation fourni par le vendeur aussi. Ce qui compte est de pouvoir prouver la date d’envoi. Un message envoyé depuis votre messagerie personnelle, conservé dans les éléments envoyés, fait l’affaire. Un message passé par le formulaire de contact du site ne vous laisse aucune trace : c’est précisément dans ces cas que les litiges s’enlisent.

Indiquez le numéro de commande, la date de réception et votre décision de vous rétracter, sans avoir à vous justifier. Le texte ne vous demande aucun motif.

Si la boutique ne répond pas

Le silence est le cas le plus fréquent, et c’est là que le contrôle des mentions légales prend tout son sens : sans identité d’entreprise vérifiable, votre lettre de mise en demeure n’a pas de destinataire. Vérifiez les mentions légales avant de commander, pas au moment du litige. Nous détaillons la marche à suivre dans colis jamais reçu et dans se faire rembourser une commande de CBD.

Le réflexe qui vous fait gagner du temps

Avant de valider un panier, ouvrez les conditions générales et cherchez le mot « rétractation ». Trois situations : le texte reprend le délai légal et son point de départ, et vous êtes tranquille ; le texte est absent, et vous savez que le litige éventuel se réglera sans appui contractuel ; le texte annonce des règles moins favorables que la loi, et ces clauses sont inopposables, mais leur présence vous renseigne déjà sur la maison.